Expositions
du 28 Février au 7 Mars 2026
En collaboration avec le Gouvernement du Québec, la Bibliothèque Maisonneuve, l’Atelier d’Histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Montréal en Lumières, La Nuit Blanche et la Ville de Montréal.
Le projet s’inspire de :
- l’esthétique de l’erreur (glitch) comme outil critique et poétique ;
- le travail d’artistes qui interrogent mémoire et perception (Pipilotti Rist, Hito Steyerl, Bill Viola) ;
- l’histoire ouvrière d’Hochelaga-Maisonneuve, ses archives industrielles, ses récits de travail et de migration ;
- les pratiques communautaires de médiation culturelle et de récit partagé.
Ces références nourrissent une œuvre qui mélange héritage matériel, traces humaines et technologies contemporaines. Le projet arrive à un moment où les communautés cherchent à reconstruire des liens, à mieux comprendre leur propre histoire, et à reconnaître la valeur culturelle de leurs expériences quotidiennes.
Le projet se déploie en deux volets : cinq ateliers de co-création suivis de la production d’une œuvre audiovisuelle présentée en projection mapping sur la bibliothèque Maisonneuve.
Les ateliers
Ces cinq rencontres gratuites, ouvertes à tou·te·s et accessibles physiquement, culturellement et artistiquement, invitent les participant·e·s à contribuer activement à la matière première du projet : leurs souvenirs du quartier.
Chaque atelier inclut :
- Une collecte de récits, d’objets, de photos ou de vidéos, permettant à chacun de transmettre des fragments de mémoire personnelle ou familiale.
- Une exploration du dessin interactif via Tagtool, où les participant·e·s apprennent à transformer leurs souvenirs en images animées.
- Une médiation autour des archives industrielles et ouvrières du quartier, mettant en valeur un patrimoine social souvent méconnu ou invisibilisé.
Photographe : Daphnée Cazaux- Une création collective où les souvenirs sont interprétés et réactivés visuellement, dans une atmosphère intergénérationnelle et inclusive.
Ces ateliers ne sont pas des activités préparatoires au sens strict : ils sont au cœur même du processus artistique, puisqu’ils nourrissent la composition visuelle, la dramaturgie et la sensibilité de l’œuvre finale.
La projection finale : deux réactivations poétiques des archives vivantes
L’installation technique de projection repose sur quatre projecteurs laser Barco G62-W14 de 14 000 lumens chacun, permettant de couvrir la façade avec une haute luminosité et une précision adaptée aux détails architecturaux du bâtiment.
L’ensemble du dispositif est piloté par un ordinateur portable MacBook Pro M4 Max, qui assure la lecture et la synchronisation des contenus audiovisuels. Le mapping vidéo, la gestion des surfaces de projection, l’alignement des images et le contrôle en temps réel sont réalisés à l’aide du logiciel TouchDesigner, qui permet également l’intégration d’interactions et d’ajustements en direct si nécessaire.
Ce dispositif technique permet une projection monumentale précise, adaptable aux contraintes architecturales du site, tout en conservant une grande flexibilité d’installation et de calibration.
La trame sonore des œuvres IRRADIUM et Artefact est composée en studio à l’aide du logiciel Ableton Live, en parallèle du travail d’image, afin de développer une relation étroite entre le son et la composition visuelle. L’image et le son sont ainsi conçus conjointement et synchronisés pour former une œuvre audiovisuelle unifiée, où les transformations visuelles, les rythmes, les apparitions d’archives et les effets de glitch répondent à la composition sonore.
Pour la diffusion, la trame sonore est envoyée vers un serveur de diffusion en continu (Icecast), permettant une écoute sur place via des récepteurs audio et en ligne. Le flux audio est transmis à l’aide du logiciel BUTT (Broadcast Using This Tool), tandis que le logiciel Background Music est utilisé pour assurer la gestion et la stabilité de la diffusion. Ce dispositif permet de séparer la diffusion sonore de la projection vidéo tout en maintenant leur synchronisation, et d’adapter la diffusion à différents contextes de présentation, notamment en espace public.
L’ensemble constitue une chaîne de diffusion audiovisuelle flexible, permettant à la fois la projection monumentale et la diffusion sonore géolocalisée ou accessible à distance, selon les contraintes techniques du site.
IRRADIUM : Archéologie des Mémoires, 22 minutes
À partir des images, récits et créations produites lors des ateliers, je réalise une œuvre audiovisuelle projetée sur la façade de la bibliothèque Maisonneuve : IRRADIUM : Archéologie des Mémoires. Cette projection n’est pas en direct, mais créée en studio à partir du matériel recueilli. La composition utilise le glitch — une esthétique que je développe depuis plusieurs années — pour traduire les transformations naturelles de la mémoire : perturbations, réminiscences, omissions, surimpressions.
Vidéaste : Daphnée Cazaux
Ici, le glitch n’est pas une rupture numérique mais une métaphore sensible de la manière dont les souvenirs se déplacent, se rafraîchissent ou se déforment, tout en conservant une forme de vérité émotionnelle.
Cette œuvre met en lumière :
- l’histoire industrielle et ouvrière du quartier ;
- des trajectoires personnelles et familiales ;
- des récits touchant parfois à la migration, au travail, aux solidarités de voisinage ou à la vie quotidienne passée.
Ce travail permet de revaloriser la mémoire des résident·e·s et de la réinscrire dans l’espace public contemporain.
IRRADIUM : Archéologie des Mémoires répond à un besoin réel : donner un espace d’expression à des mémoires locales souvent marginalisées, tout en offrant une rencontre entre art numérique, patrimoine et participation citoyenne.
Loin de la simple valorisation historique, le projet cherche à :
- confronter le langage numérique aux traces humaines et sensibles ;
- repenser le rapport entre archives officielles et récits intimes ;
- révéler la dimension vivante, évolutive et imparfaite de la mémoire collective.
L’approche inclusive et participative permet à la communauté d’être non seulement consultée, mais au centre même de la création.
Artefact BjFj-IRR-S∆-913, 7 minutes
À partir d’archives photographiques, architecturales et historiques liées à l’Institut du radium de Maisonneuve, Artefact BjFj-IRR-S∆-913 est une œuvre audiovisuelle projetée sur la façade de l’actuelle bibliothèque Maisonneuve.
Vidéaste : Daphnée Cazaux
Cette projection est conçue en studio à partir de documents d’époque et d’images du bâtiment retravaillées numériquement. Par l’utilisation du glitch — une esthétique que je développe depuis plusieurs années — l’œuvre met en relation différentes strates temporelles du lieu, faisant apparaître et coexister les traces du passé dans l’architecture actuelle.
L’œuvre souligne l’histoire scientifique et médicale de l’Institut du radium, la valeur patrimoniale du bâtiment ainsi que la transformation de sa fonction, passée d’un institut de recherche à une bibliothèque publique.
En utilisant la façade comme surface de projection, Artefact BjFj-IRR-S∆-913 propose une réactivation visuelle de la mémoire du lieu et s’inscrit dans le cadre du 100e anniversaire de l’Institut du radium.
Le projet vise à faire dialoguer archives historiques et création numérique, à révéler les traces invisibles de l’histoire dans l’architecture contemporaine et à transformer temporairement l’espace public en espace de mémoire.
Artefact BjFj-IRR-S∆-913 se présente ainsi comme une œuvre de médiation entre patrimoine, image en mouvement et art numérique, permettant au public de redécouvrir l’histoire du bâtiment à travers une expérience immersive.
︎ Article sur le Site web de la Ville de Montréal
︎ Programmation Montréal en Lumières - Nuit Blanche 2026
︎ Journal Metro, IRRADIUM une oeuvre lumineuse pour célébrer l’histoire de
maisonneuve
︎ Newswire Canada, Projection de l'oeuvre IRRADIUM : archéologie des
mémoires 100e anniversaire de l'Institut du radium
︎ EstMédiaMontréal, MHM célèbre le centenaire de l’Institut du radium avec la
projection IRRADIUM
